Nerprun en milieu naturel en Haute-Yamaska

Les nerpruns (bourdaine et cathartique)

Description générale

Les deux espèces de nerpruns exotiques envahissants que l'on retrouve en Haute-Yamaska et sa périphérie, le nerprun bourdaine (Frangula alnus) et le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica), sont des espèces de plantes vivaces de forme arbustive atteignant 3 à 5 m de hauteur. Lorsque situées dans des milieux optimaux, elles peuvent mesurer jusqu'à 7 m.

Le nerprun cathartique possède des feuilles ovales, vertes, légèrement dentelées et des nervures qui portent vers la pointe de la feuille. Il fait des fruits dès juin. Il présente un tronc à écorce grise et une épine à la pointe d’une bonne partie de ses branches, entre les bourgeons.

Le nerprun bourdaine a des feuilles vertes plus larges dans le haut que dans le bas. Elles sont foncées, non dentelées et bien lustrées. Il fait des fruits dès juillet. On le distingue aussi par son tronc à écorce brune avec des taches blanches.

Les fleurs apparaissent au printemps en petites grappes verdâtres ou jaunâtres et les fruits passent d'abord du vert, puis au rouge et finalement au noir, lorsqu'ils sont mûrs. Ces deux espèces se propagent par leurs graines et colonisent rapidement différents types de milieux.

Nerprun cathartique
Nerprun bourdaine

Pourquoi ces espèces posent-elles problème?

Les nerpruns forment souvent des peuplements denses qui envahissent l’habitat des végétaux indigènes et simplifient la biodiversité locale. Ils peuvent modifier la régénération des forêts et des boisés riverains en limitant le développement d’arbustes et de plantes herbacéees indigènes et en occupant l’espace. Leur capacité à produire de nombreux fruits sur une longue période de temps favorise la dispersion rapide par les oiseaux. Les nerpruns gardent leurs feuilles plus tard que la plupart des plantes indigènes, ce qui étend leur saison de croissance.

Le nerprun cathartique, quant à lui, contient un composé chimique dans ses tissus qui peut nuire au développement des amphibiens.

D'où viennent-elles?

Exotiques en Amérique du Nord, ces deux espèces de nerpruns sont indigènes en Europe, en Asie et dans le nord de l'Afrique.

Milieux touchés dans la région

Les nerpruns affectionnent les endroits ensoleillés. On les retrouve principalement dans :

  • les lisières de bois et sous-bois lumineux;
  • les berges de rivières et milieux humides;
  • les friches et terrains ouverts;
  • les bords de routes et haies;
  • les trouées dans la forêt.

Ces milieux offrent des conditions favorables à leur établissement.

Ne pas confondre

Certaines espèces de plantes indigènes peuvent être confondues pour les nerpruns bourdaine et cathartique. Parmi les plus fréquentes :

  • Cerisier de Pennsylvanie (Prunus pensylvanica);
  • Cerisier de Virginie (Prunus virginiana);
  • Cerisier tardif (Prunus serotina);
  • Cornouiller à feuilles alternes (Cornus alternifolia);
  • Houx verticillé (Ilex verticillata);
  • Nerprun à feuilles d'aulne (Rhamnus alnifolia);
  • Viorne cassinoïde (Viburnum cassinoides).

Puisque l’identification des plantes s’apprend et se pratique, mieux vaut s’assurer d’avoir identifié une espèce végétale correctement avant de procéder au contrôle des plantes exotiques envahissantes. N’hésitez pas à partager des photos de plantes suspectes avec notre équipe de restauration des milieux naturels si vous souhaitez confirmer l’identification. 

Pour permettre l’identification, des photos de plusieurs parties de la plante nous aideront :

  • feuille (dessus, dessous);
  • la plante dans son ensemble;
  • la tige et/ou les bourgeons;
  • les fleurs, les fruits (lorsque possible).

Principes de gestion et de contrôle

Plusieurs méthodes de lutte contre le nerprun existent. Le choix de la méthode varie selon la taille de la colonie et les ressources disponibles pour les travaux. Il est important de vérifier la réglementation en vigueur avant de procéder à des actions de contrôle ou de restauration.

  • Arrachage : Il est possible d’arracher manuellement les plants lorsqu’ils sont jeunes, mais il est préférable de procéder à son extraction à l'aide d'outils spécialisés lorsque la tige mesure plus de 5 cm de diamètre. Afin d'éviter les rejets de souches, il est important de retirer tout le système racinale.
  • Annelage : Lorsque l’arrachage est difficile ou impossible, vous pouvez retirer l’écorce, avec un petit couteau, sur toute la circonférence du bas de la tige (dans les premiers 50 cm à partir du sol) afin de couper la circulation de la sève. L’écorce devrait être retirée sur une bande d’une largeur d’au moins 10 cm, mais peut être effectué sur plus long.
  • Encapsulage : Si un nerprun est coupé, il est essentiel de recouvrir la tige coupée d'une toile opaque résistante ou d’un sac conçu à cet effet pour bloquer les rayons de soleil. La bâche peut être attachée à la souche à l'aide d'une attache et doit s'étendre au sol jusqu’à 50 cm autour de la souche. Elle doit rester en place au moins cinq ans.

À la fin du contrôle, toujours bien nettoyer ses bottes et ses outils. Il est recommandé de restaurer les habitats avec des plantes indigènes pour favoriser la végétation locale.

Précaution :

Pour éviter la propagation, si des fruits sont présents, il est recommandé de couper les tiges et de les jeter dans des sacs à ordures résistants, avant d'arracher l'individu lui-même. La coupe des troncs de plus gros individus à elle seule n'est pas recommandée puisque le nerprun est très coriace et produira de nouveaux plants à partir du tronc coupé (rejets de souche).

Gestion des résidus :

Les plants arrachés doivent être mis dans des sacs à ordures robustes, que l’on jette aux ordures destinées à l’enfouissement. Pour les plus gros individus, il est possible de laisser les nerpruns sur place, en les suspendant de manière à ce que les racines ne touchent pas le sol.

À retenir

Nos partenaires

Ville de Bromont, Fondation de la biodiversité et faune du Québec, Ville de Granby, Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin.

Sources principales

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