Chez Symbiose nature (Fondation Séthy), nous collaborons avec le milieu scolaire depuis belle lurette. Il nous apparaît essentiel d'impliquer les jeunes du primaire et du secondaire dans nos actions afin que l'importance de la restauration des milieux naturels demeure bien vivante d'une génération à l'autre. Ainsi, au fil des ans, des centaines d'élèves ont mis la main à la terre. Ils ont planter des végétaux indigènes et retirer des plantes exotiques envahissantes en notre compagnie.
En participant concrètement à la restauration de leur environnement local, nous semons une graine dans l'esprit des jeunes. L'objectif est de créer un lien d'attachement avec le milieu naturel dont ils prennent soin.
Le jardin de la biodiversité
Notre toute première collaboration avec une école a mené à la création d'un espace vivant au cœur de Granby. Grâce à un partenariat remarquable entre Symbiose nature (alors la Fondation SÉTHY), l'église St-Georges, l'école Parkview, la Ville de Granby, l'Atelier 19, Desjardins et la MRC de La Haute-Yamaska, le Jardin de la biodiversité a pris forme. Ce projet éducatif et communautaire, situé sur le parterre de l'église anglicane en face du Palace de Granby, a permis l'aménagement d'un nouvel espace public emblématique pour la collectivité granbyenne.
Avec l'église patrimoniale, le piano public, la piste cyclable à proximité ainsi que les bancs et les maisons d'oiseaux en mosaïque, le jardin devient un lieu propice à la détente et à la contemplation. Les arbustes et vivaces sélectionnés attireront pollinisateurs et oiseaux. Les élèves de 5e année de l'école Parkview ont quant à eux participé à la préparation des plates-bandes, aux semis et aux plantations, tout en enrichissant le site de nichoirs à insectes et de panneaux d'interprétation soulignant l'importance des services écologiques et du maintien de la biodiversité.
L'école dans les champs
Nos premières activités de plantation à grande échelle avec les écoles locales s'inscrivent dans une volonté de « faire d'une pierre deux coups » : améliorer les habitats pour la biodiversité en milieu agricole tout en contribuant à la qualité de l'eau.
Dès 2021, deux fermes de Granby ont accueilli des groupes de l'école l'Envolée, qui ont planté jusqu'à 650 végétaux en bande riveraine du cours d'eau Dare et de la rivière Mawcook. Au total, ce sont environ 200 élèves qui ont pris part à ces activités.
La participation de groupes scolaires a permis d'accélérer la réalisation du projet 10 000 arbres et arbustes pour Granby, amorcé la même année et complété en 2024.
L'année suivante, les activités de restauration impliquant des élèves ont connu un essor marqué : plusieurs centaines d'élèves du primaire et du secondaire des écoles l'Envolée, Haute-Ville, Collège du Mont Sacré-Cœur et Saint-Bernard se sont mobilisé(e)s. Les premières activités, organisées en 2022, ont mené à la plantation de plus d'un millier d'arbres et d'arbustes sur des terrains appartenant à GFL Environmental Inc. (Matrec), restaurant une portion de la bande riveraine de la rivière Mawcook et créant des îlots de biodiversité sur un ancien lieu d'enfouissement de dépôts secs.
Restaurer la connectivité écologique
Toujours en 2022, des projets de restauration s'amorcent au parc Terry-Fox à Granby. Les groupes scolaires y ont ajouté 600 arbres dans des zones gazonnées et en friche situées derrière les terrains de soccer et les résidences riveraines. Cette intervention marque le début d'une opération majeure de reboisement visant à rétablir la connectivité écologique entre deux massifs forestiers : la forêt existante du parc Terry-Fox et le boisé Leduc située sur un terrain privé. L'initiative s'est poursuivie l'année suivante avec la plantation de plus d'un millier d'arbres et d'arbustes supplémentaires, portant le total à près de 2000 végétaux en deux ans.
Les jeunes versus les nerpruns
L'année 2022 marque également le début de l'implication de la relève dans les actions de restauration liées au contrôle des plantes exotiques envahissantes dans les Boisés-Miner. La présence du nerprun bourdaine (Frangula alnus) et du nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) y menace la biodiversité indigène en colonisant de vastes superficies du sous-bois et des lisières de friches. Les opérations d'arrachage, bien que nécessaires, bouleversent temporairement l'habitat. Elles seront donc suivies de plantation de végétation indigène compétitrice, favorisant la remise en état des lieux. Plus de 1000 arbres et arbustes ont ainsi été plantés entre 2022 et 2023.

Accueillir la biodiversité dans la cour d’école
Certaines écoles ont également choisi, avec enthousiasme, d'accueillir des végétaux directement sur leur terrain. Ce fut notamment le cas des écoles Saint-Bernard et Saint-Jean, à Granby, qui ont reçu plusieurs dizaines de chênes et d'érables. Dans la municipalité voisine, à l'école de La Moisson-d'Or de Saint-Alphonse-de-Granby, nous collaborons avec la députée provinciale, la municipalité et la direction de l'établissement afin de mettre en place une expérience multisensorielle destinée aux générations futures.
Une grande diversité d'espèces a été sélectionnée pour permettre aux élèves de sentir des fleurs, de goûter à des fruits et d'observer les couleurs évoluer au fil des saisons. En plus des 150 arbres et arbustes plantés dans la cour d'école, le long de la clôture du cimetière voisin et autour du débarcadère d'autobus, l'école s'est dotée de sa propre pépinière : un espace dédié à la production d'arbres et d'arbustes indigènes.
Semer pour demain
L'initiative des pépinières sur les terrains d'écoles a rapidement été adoptée par les écoles de la Haute-Ville, l'Envolée et Saint-Bernard. Les élèves participent à la création des espaces et à la mise en terre de semences de nombreuses espèces végétales. En plus de constituer un puissant outil éducatif, les pépinières scolaires permettent au personnel et aux élèves de s'approvisionner en arbres et arbustes indigènes, destinés à être plantés à l'école ou à la maison.

