Description générale
L’égopode podagraire (Aegopodium podagraria) est une plante herbacée vivace qui peut former de vastes tapis au sol. Ses feuilles sont composées, à trois folioles et légèrement dentelées; les feuilles matures présentent un motif dit « 3 x 3 » : chaque feuille a trois groupes de trois folioles. Les fleurs blanches apparaissent en ombelles au printemps et en début d’été. La plante se propage principalement par stolons souterrains, ce qui lui permet de coloniser rapidement de nouvelles zones. Il existe des variétés horticoles au feuillage panaché (feuilles vertes et blanches).
D'où vient-il?
Exotique en Amérique du Nord, l’égopode est indigène en Europe et en Asie occidentale. La première mention officielle au Québec date de 1916. Cette espèce est cultivée en Europe pour ses usages alimentaires et médicinaux, mais dans les temps modernes, au Québec, elle est utilisée comme plante ornementale, surtout dans les zones ombragées.
Pourquoi cette espèce pose-t-elle problème?
L’égopode podagraire envahit l’espace de la végétation indigène en formant des colonies denses et continues, ces « tapis » filtrent la lumière et peuvent occuper de grands espaces, affaiblissant ainsi la diversité végétale des sous-bois. Sa capacité à se propager par stolons souterrains rend son contrôle difficile, car même de petits fragments peuvent donner naissance à de nouvelles plantes.


Milieux touchés dans la région
On la retrouve principalement dans :
- sous-bois et lisières de forêts;
- jardins et plates-bandes;
- friches et terrains ouverts;
- zones humides légèrement ombragées.
Ces milieux favorisent l’établissement et la propagation des stolons.
Ne pas confondre
Certaines espèces de plantes indigènes peuvent être confondues pour l’égopode podagraire. Parmi les plus fréquentes :
- Cryptoténie du Canada (Cryptotaenia canadensis);
- Hydrophylle de Virginie (Hydrophyllum virginianum);
- Osmorhize de Clayton (Osmorhiza claytonii);
- Zizia doré (Zizia aurea).
Puisque l’identification des plantes s’apprend et se pratique, mieux vaut s’assurer d’avoir identifié une espèce végétale correctement avant de procéder au contrôle des plantes exotiques envahissantes. N’hésitez pas à partager des photos de plantes suspectes avec l’équipe de restauration des milieux naturels de Symbiose nature si vous aimeriez confirmer l’identification.
Pour permettre l’identification, des photos de plusieurs parties de la plante aideront :
- feuille (dessus, dessous);
- la plante dans son ensemble;
- la tige et/ou les bourgeons;
- lorsque présent(e)s, les fleurs, les fruits.
Principes de gestion et de contrôle
Les méthodes recommandées pour limiter l’expansion de l’égopode podagraire comprennent :
- arrachage manuel en retirant autant de stolons que possible;
- dépôt des résidus dans des sacs à ordures robustes destinés à l’enfouissement;
- nettoyage des outils et des bottes;
- suivi régulier pour éliminer les repousses;
- plantation d’espèces indigènes pour restaurer le couvert végétal et limiter les repousses.
À retenir
L’égopode podagraire se propage rapidement par ses stolons souterrains et forme des tapis qui étouffent la végétation indigène. La gestion consiste à retirer les stolons et à restaurer le couvert végétal avec des plantes indigènes.

Nos partenaires pour le contrôle de cette plante exotique envahissante
- Fondation de la faune du Québec;
- Ville de Bromont;
- Ville de Granby.
Sources principales
- Lavoie, C. (2019). 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture. Les Publications du Québec, p. 184-187;
- Invasive Species Centre (Canada);
- Sentinelle des PEE – Québec.


