La renouée du Japon (Reynoutria japonica) est une espèce de plante vivace qui peut former de denses colonies pouvant atteindre jusqu’à 3 m de hauteur à maturité (vers la fin juillet). Ses tiges creuses vertes et rougeâtres rappellent des tiges de bambou, avec des nœuds à intervalles réguliers, la tige formant parfois un zigzag d’un nœud à l’autre. Les feuilles sont alternes, grandes et arrondies avec une pointe. Leur dimension est de 8 à 15 cm de longueur et de 5 à 12 cm de largeur. La plante forme des fleurs de couleur blanche d’environ 3 mm disposées à l’aisselle des feuilles et au bout de la tige. Son système racinaire est puissant et permet à la plante de se propager rapidement. Au printemps, lorsque les nouvelles tiges de l’année commencent à sortir de la terre, leur apparence peut rappeler celle des asperges, mais leur couleur est souvent rougeâtre.
D'où vient-elle?
Exotique en Amérique du Nord, la renouée du Japon est indigène dans certaines parties de l'Asie : la Chine, la Corée du Sud, le Japon et Taiwan. Elle est officiellement répertoriée au Québec en 1901.
Milieux touchés dans la région
On la retrouve principalement dans :
- des terrains résidentiels et haies de jardins;
- des bords de cours d'eau;
- des friches et terrains ouverts;
- des bordures de routes.
Ces milieux ouverts favorisent son établissement et sa propagation.


Pourquoi cette espèce pose-t-elle problème?
La renouée du Japon fait concurrence aux plantes indigènes, diminuant la biodiversité locale. Elle peut pénétrer dans les fissures d’infrastructures bâties et contribue à l’érosion du sol sur les berges. Son développement dense et la décomposition de ses parties végétales peuvent également modifier certaines propriétés du sol et affecter la microfaune locale.
Ne pas confondre
Certaines espèces de plantes indigènes peuvent être confondues avec la renouée du Japon. Parmi les plus fréquentes :
- Cornouiller stolonifère (Cornus sericea);
- Renouée à nœuds ciliés (Parogonum ciliinode);
- Sureau du Canada ou sureau blanc (Sambucus canadensis).
Puisque l’identification des plantes s’apprend et se pratique, mieux vaut s’assurer d’avoir identifié une espèce végétale correctement avant de procéder au contrôle des plantes exotiques envahissantes. N’hésitez pas à partager des photos de plantes suspectes avec l’équipe de restauration des milieux naturels de Symbiose nature si vous aimeriez confirmer l’identification.
Pour permettre l’identification, des photos de plusieurs parties de la plante aideront :
- lorsque présent(e)s, les fleurs, les fruits.
- feuille (dessus, dessous);
- la plante dans son ensemble;
- la tige et/ou les bourgeons
- lorsque présent(e)s, les fleurs, les fruits.

Principes de gestion et de contrôle
La gestion de la renouée du Japon doit être planifiée et encadrée. Il est important de vérifier la réglementation en vigueur avant de procéder à des actions de contrôle ou de restauration. Les interventions recommandées incluent :
- le suivi et le contrôle par des experts;
- la restauration des habitats avec des espèces végétales indigènes;
- le dépôt des résidus dans des sacs robustes envoyés à l’enfouissement, pour éviter toute dispersion;
- le nettoyage des outils et des bottes après le contrôle;
- les colonies très denses sont parfois bâchées, mais un suivi pour arracher les repousses qui apparaitront en bordure de la bâche est nécessaire, et ce, plusieurs fois durant la saison de croissance.
Pour ne pas contribuer à sa propagation…la renouée du Japon a la capacité de se reproduire à partir de petits fragments de plantes. Une attention particulière doit être portée à ne pas répandre de tels fragments qui pourraient se coller aux outils ou sous les souliers.
À retenir
La renouée du Japon se propage rapidement et modifie les milieux naturels. Sa gestion nécessite une approche planifiée et encadrée. La restauration des habitats avec des plantes indigènes est la meilleure prévention contre son expansion.
Nos partenaires
- Ville de Bromont;
- Fondation de la faune du Québec;
- Ville de Granby;
- Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin.

