Au Québec, le retour du printemps s'annonce souvent par l'apparition des hirondelles dans notre ciel. Pourtant, ces dernières années, leur population connaît un déclin marqué lié à diverses pressions environnementales. Comme certaines espèces sont désormais désignées en situation précaire, des mesures de rétablissement ont été déployées.
Reconnaître les hirondelles présentes sur notre territoire
Les hirondelles forment une famille d’oiseaux comprenant plusieurs espèces. De petites tailles, elles se distinguent par leurs ailes pointues et leur vol aérodynamique. Ce sont des oiseaux migrateurs insectivores bien connus, notamment par leur présence dans le paysage agricole. En effet, leurs nids se retrouvent dans des endroits surprenants tels que les rebords de toiture ou encore dans les hangars. Dans la région de la Haute-Yamaska, il est possible d’observer au moins trois espèces : l’hirondelle rustique, l’hirondelle à front blanc et l’hirondelle bicolore.


L'hirondelle rustique
L’hirondelle rustique est reconnaissable avec son dos bleu marine, sa gorge et son front marron, son ventre roussâtre et sa queue fourchue. Elle se trouve généralement dans les zones agricoles, lors de son retour de migration de l’Amérique du Sud au printemps. Elle privilégie les infrastructures humaines comme des garages ou des ponts pour y construire son nid en forme de demi-sphère. Depuis les années 70, la population de cette hirondelle est en baisse de plus de 60% d’après le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Ceci lui a donné son statut d’espèce « préoccupante ». Elle se trouve ainsi inscrite sur la Loi des espèces en péril (LEP) du Canada.
L'hirondelle à front blanc
Avec sa queue particulièrement courte et carrée ainsi que ses ailes de formes arrondies, l’hirondelle à front blanc est reconnaissable par sa tête rousse son ventre pâle et, comme son nom l’indique, son front blanc. Tout comme l'hirondelle rustique, elle niche sur des structures humaines. Elle peut également construire son nid en forme de gourde sur des parois rocheuses ou des falaises.
L’Hirondelle à front blanc présente une diminution modérée de sa population depuis les années 70. Toutefois, la source de ce déclin est moins bien comprise. Elle est possiblement liée à la baisse des insectes volants, aux changements du paysage et à la compétition avec d’autres espèces de passereaux.


L'hirondelle bicolore
Se démarquant avec son dos bleuté métallique et son ventre d’un blanc pur, l’hirondelle bicolore est la première parmi ses consœurs à revenir d’Amérique du Sud lors de l’arrivée du printemps au Québec. Elle vit dans les habitats à proximité de l’eau et niche dans les cavités d’arbres comme ceux anciennement réalisés par des oiseaux piciformes (comme les pics). Au Canada, l’hirondelle bicolore connaît une baisse modérée de sa population depuis les années 70 pour des raisons suspectées comme similaires à celles de l’hirondelle à front blanc.
Bien que ces deux dernières ne soient pas considérées comme vulnérables, cette diminution a mené à leur identification comme espèces prioritaires dans plusieurs stratégies de conservation.
Venir en aide aux hirondelles en péril
Les hirondelles utilisent différents types de structures pour nicher. La disponibilité de bons sites de nidification devient donc un élément clé pour le maintien de leurs populations. Une des approches de conservation consiste à fabriquer et installer des nichoirs spécialement conçus pour une espèce d’hirondelle. Cette méthode permet de compenser la perte d’habitats et d’offrir aux hirondelles des lieux sûrs pour se reproduire.
De ce fait, Symbiose nature (Fondation SÉTHY) est heureuse de contribuer à leur sauvegarde en mettant en place divers projets d’aménagement de leurs habitats de nidification. Par exemple, à la ferme Cleary de Saint-Joachim-de-Shefford, l’installation de nouvelles structures adaptées a permis d’offrir des sites de nid sûrs pour les hirondelles rustiques et à front blanc qui fréquentaient déjà les bâtiments agricoles.
Ce projet pilote, mené en collaboration avec le Club d’observateurs d’oiseaux de la Haute-Yamaska (COOHY), a donné lieu à un suivi attentif visant à mieux comprendre le comportement des hirondelles et l’efficacité des aménagements proposés. À la lumière de ces résultats, un deuxième projet de plus grande envergure a vu le jour. Celui-ci a permis la construction supplémentaire de quatre structures pour les hirondelles rustiques, huit pour les hirondelles à front blanc et de nombreuses petites structures pour les hirondelles bicolores. Le tout pouvant accueillir potentiellement plus de 250 couples d’hirondelles!
Sources


