Description générale

Le roseau commun (Phragmites australis australis) est une espèce de plante graminée vivace pouvant dépasser 3 m de hauteur. Il est notamment reconnu pour prendre la place de la quenouille dans certains milieux. Ses tiges creuses rougeâtres, hautes d'environ 2 m, portent des feuilles alternes étroites, dont la base s'enroule autour de la tige. En été, il peut produire de longs plumeaux caractéristiques, composés de petites fleurs qui deviendront des graines et doré avec une teinte mauve durant sa croissance. Ses rhizomes et stolons lui permettent de repousser chaque année et d’étendre ses colonies.

D'où vient-il?

Exotique en Amérique du Nord, le roseau commun que l’on considère exotique envahissant provient d’Europe, du Moyen-Orient et d’une partie de la Chine. Il est important de nuancer que cette « espèce » est en réalité un haplotype (qui provient d’une souche génétique distincte) que l’on considère parfois comme une sous-espèce. 

En Amérique du Nord, il y existe une sous-espèce indigène (Phragmites australis americanus) qui n’est ni exotique, ni envahissante. Un peuplement monospécifique très dense de roseaux communs indique souvent la présence de la variété exotique de l’espèce.

Milieux touchés dans la région

On le retrouve surtout dans les :

  • milieux humides ouverts et berges de rivières ou de lacs;
  • terrains ayant été perturbés;
  • bords de routes et friches.

Ces milieux favorisent son établissement et sa propagation.

Pourquoi cette espèce pose-t-elle problème?

Le roseau commun peut former des colonies denses et continues qui occupent les habitats d’espèces indigènes et modifient le relief du sol en laissant une épaisseur non négligeable de tiges sèches au sol à chaque hiver. Ses racines et stolons permettent de coloniser rapidement de nouvelles zones, pouvant avancer de plusieurs mètres par année. Les graines peuvent également être transportées par l’eau ou le vent. Dans les milieux ouverts et perturbés, la plante s’installe facilement et modifie la structure des communautés végétales.

Ne pas confondre

Certaines espèces de plantes indigènes peuvent être confondues avec le roseau commun. Parmi les plus fréquentes :

  • Roseau commun indigène (Phragmites australis americanus);
  • Spartine pectinée (Spartina pectinata);
  • Zizanie aquatique, riz sauvage (Zizania aquatica);
  • Calamagrostide du Canada (Calamagrostis canadensis).


Puisque l’identification des plantes s’apprend et se pratique, mieux vaut s’assurer d’avoir identifié une espèce végétale correctement avant de procéder au contrôle des plantes exotiques envahissantes. N’hésitez pas à partager des photos de plantes suspectes avec notre équipe de restauration des milieux naturels si vous souhaitez confirmer l’identification.

Pour permettre l’identification, des photos de plusieurs parties de la plante nous aideront :
Feuilles (dessus, dessous);

  • La plante dans son ensemble;
  • La tige et/ou les bourgeons;
  • Les fleurs, les fruits (lorsque possible).

Principes de gestion et de contrôle

La gestion du roseau commun nécessite de suivre des bonnes pratiques pour limiter les risques de dispersion. Il est important de vérifier la réglementation en vigueur avant de procéder à des actions de contrôle ou de restauration.

Les interventions possibles varient selon le site et la taille des colonies, mais peuvent inclure par exemple :

la coupe

Il est possible de faucher la colonie au début de l’été avant que le roseau ait fait ses fleurs. Couper la tige du roseau ne fait pas mourir la plante, mais cela lui enlève l'opportunité de se reproduire par ses graines si la coupe est faite assez tôt dans la saison estivale. Plusieurs années de fauchage affaibliront la colonie et réduiront sa densité;

la bâchage

En présence de moyennes ou grandes colonies (de 10 à 40 m²), il est possible de faucher la colonie et d'installer une bâche (géotextile, géomembrane ou toile en polyéthylène bleu).  La limite de la bâche devra dépasser les limites de la colonie de quelques mètres. Elle doit rester en place au moins cinq ans. La bâche peut être fixée à l'aide d'objets lourds ou en utilisant des crochets ou des agrafes métalliques;

l'excavation des racines

Il est possible de procéder à l'excavation des racines d'une petite colonie. Il est important de s'assurer d'enfouir les résidus de roseau sous la terre saine, soit entre 50 et 100 cm sous terre, pour éviter le développement d’une nouvelle colonie. Veuillez vérifier les réglementations en place sur l'enfouissement de résidus avant de procéder.

la revégétalisation

Toutes les options de lutte au phragmite ont plus de chances de succès si elles sont accompagnées d’une revégétalisation immédiate de l’espace contrôlé. Des plantes indigènes adaptées au milieu sont recommandées.

Le dépôt des résidus se fait dans des sacs à ordures robustes destinés à l'enfouissement. Il faut toujours bien nettoyer ses outils et ses bottes après les activités de contrôle.

Certaines interventions peuvent être réalisées par les citoyens de façon sécuritaire, mais pour les espèces très envahissantes ou à risque, mieux vaut faire appel à des professionnels.

À retenir

Le roseau commun se propage rapidement et forme des colonies denses qui modifient les milieux naturels. Sa gestion nécessite de suivre des bonnes pratiques et la restauration des habitats avec des plantes indigènes contribue à limiter son expansion.

Des règlements fédéraux, provinciaux et municipaux peuvent s'appliquer pour des interventions en milieux humides et bandes riveraines. Les citoyens peuvent communiquer avec ces paliers pour plus d'informations.

Nos partenaires

Fondation de la faune du Québec, Ville de Granby, Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin.

Sources principales

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