Imaginez un petit village dont les habitants ne quitteraient jamais les limites. Avec le temps, les ressources pourraient devenir insuffisantes, les échanges avec l’extérieur seraient inexistants et certains problèmes génétiques pourraient facilement survenir. Il en va de même pour les espèces animales et végétales : elles ont besoin de pouvoir se déplacer vers d’autres milieux afin d’assurer leur survie à long terme, que ce soit pour se nourrir, disperser leurs semences, se reproduire ou donner naissance.
La connectivité écologique est la propriété qu’ont les habitats à être connectés afin de faciliter la circulation des espèces à travers un territoire, que ce soit par l’eau, la terre ou l’air. Malheureusement, avec l’urbanisation et le développement, les milieux naturels deviennent de plus en plus fragmentés, rendant ces déplacements plus difficiles, voire impossibles.
Pourquoi la connectivité écologique est-elle importante?
Lorsque les habitats sont isolés les uns des autres, les populations d’une même espèce ont moins d’occasions d’interagir. Cette situation réduit la diversité génétique, ce qui rend les populations plus vulnérables aux maladies.
La fragmentation des habitats augmente également les risques liés aux déplacements. Pour rejoindre un autre milieu, les animaux doivent souvent traverser des routes ou des zones aménagées, où les dangers sont nombreux. Les collisions avec les véhicules sont un exemple bien connu. Pour certaines espèces, il est même tout simplement impossible de traverser un milieu urbanisé, comme pour certains oiseaux strictement forestiers. Les routes et les autres éléments anthropiques deviennent alors des barrières empêchant tout déplacement.
En présence d’une faible connectivité, l’accès aux ressources peut aussi devenir difficile. Lorsqu’une espèce est confinée à un territoire restreint, elle dispose de moins d’options pour trouver de la nourriture, un refuge ou un site de reproduction. De plus, des ressources limitées entraînent également une intensification de la compétition entre les individus.
Les bénéfices d’une bonne connectivité écologique ne concernent pas seulement la faune et la flore. Des milieux naturels bien connectés contribuent à plusieurs services écosystémiques, comme la rétention de l’eau et le maintien de la pollinisation.
Comment la connectivité se construit-elle?
La connectivité écologique repose sur trois éléments complémentaires : les noyaux de conservation, les corridors écologiques et les réseaux écologiques.
Les noyaux de conservation sont des zones de taille suffisante, particulièrement riches et importantes pour la biodiversité. Plusieurs espèces y cohabitent, et on y retrouve des habitats essentiels. Plus leur superficie est grande, plus la biodiversité qu’ils abritent pourra être importante.
Les corridors écologiques sont les passages naturels ou aménagés qui relient différents noyaux de conservation entre eux. Leur rôle est de permettre aux espèces de circuler plus facilement. Dans certains cas, ces corridors peuvent coexister avec des activités humaines, à condition que celles-ci n’en compromettent pas le fonctionnement. Par exemple, la construction de passages fauniques (ponts végétalisés ou tunnels), permet aux espèces animales de franchir une zone sans difficulté et réduit les risques de collisions pour les humains.
Ainsi, les réseaux écologiques regroupent l’ensemble des noyaux de conservation et des corridors écologiques retrouvés sur un territoire donné. Leur analyse permet d’évaluer le niveau de connectivité d’un territoire et d’identifier les secteurs à protéger, restaurer ou relier afin de favoriser le maintien de la biodiversité.

Nos actions pour favoriser la connectivité
Lorsqu’un réseau présente une faible connectivité, plusieurs actions peuvent être mises en place pour améliorer les déplacements des espèces et renforcer la santé des écosystèmes.
Parmi nos actions réalisées pour rétablir la connectivité, notons :
- la protection et la conservation des milieux naturels existants;
- l’aménagement et la restauration de bandes riveraines;
- la plantation de végétaux (arbres, arbustes, herbacés, etc.).
De plus, depuis 2013, nous collaborons avec le parc national de la Yamaska et plusieurs partenaires dans le cadre du projet Ceinture verte. Cette initiative vise à assurer la protection à long terme des milieux naturels situés autour du parc en sensibilisant les propriétaires et en les accompagnant dans l’adoption de bonnes pratiques de conservation.
En favorisant la connectivité écologique, nous contribuons à maintenir une biodiversité riche et en santé et à renforcer la résilience des écosystèmes face aux changements environnementaux.
Merci à nos précieux partenaires qui contribuent à l’amélioration de la connectivité entre les milieux naturels de notre région, plus particulièrement : la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec, la MRC de La Haute-Yamaska et le parc national de la Yamaska.

Pour en apprendre plus :
- Canadian Geographic. Droit de passage : Les corridors écologiques. https://rightofpassage.canadiangeographic.ca/fr/quest-ce-que-la-connectivite-ecologique/
- Connectivité écologique. com. La connectivité écologique. https://connectiviteecologique.com/connectivity
- Gouvernement du Canada. (2026). Relier les habitats naturels pour une planète en santé. https://parcs.canada.ca/nature/science/conservation/connectivite-connectivity.
- Gouvernement du Canada. (2025). Relier les paysages. https://parcs.canada.ca/nature/science/conservation/corridors-ecologiques-ecological-corridors.
- Nature-Action Québec. (2026). Connecter les milieux naturels entre eux : un défi complexe et nécessaire.
https://nature-action.qc.ca/connecter-les-milieux-naturels-entre-eux-un-defi-complexe-et-necessaire/

