La couleuvre à collier : une discrète habitante de nos forêts

Avez-vous déjà rencontré une couleuvre à collier (Diadophis punctatus edwardsii)? Si oui, c’est une chance, car il s’agit d’une espèce discrète, qui passe le plus clair de son temps cachée. 

Beaucoup de gens ont peur des couleuvres, mais ces phobies n’ont pas raison d’être : la couleuvre à collier est de très petite taille, et aucune des couleuvres du Québec n'est venimeuse.

Profil distinctif

La couleuvre à collier doit son nom à la petite bande jaune clair, rougeâtre ou orangée qui entoure son cou. Son dos, recouvert d’écailles lisses, est généralement gris foncé, parfois bleuté. Son ventre, quant à lui, rappelle la couleur de son collier. Il lui arrive parfois de présenter de petits points noirs disséminés le long de sa ligne médiane ventrale. Sa taille varie entre 25 et 86 cm.

Il s’agit d’une espèce ovipare : la femelle pond des œufs, en moyenne de deux à dix, en juin ou en juillet.

Habitat

Ses habitats préférés sont les lieux frais et humides. On la retrouve principalement en forêt, cachée sous des troncs d’arbres, des pierres, des feuilles mortes ou encore dans des terriers. De plus, elle peut aussi être observée près des étangs, des lacs et des ruisseaux forestiers. 

Elle recherche un endroit où elle peut se réfugier à l’abri des regards, tout en ayant accès à des zones ensoleillées pour se réchauffer. Comme tous les reptiles, elle est un animal à sang-froid : elle utilise la température ambiante pour régulariser sa température interne, contrairement aux animaux à sang chaud, comme nous, qui peuvent s’autoréguler.

À l’arrivée de la saison froide, elle hiberne souvent en groupe dans des abris souterrains, où elle peut se sauver du gel.

Une espèce en situation à surveiller 

La couleuvre à collier est susceptible d’être désignée comme menacée ou vulnérable au Québec.

La principale raison est la destruction de ses habitats, qui est une menace omniprésente dans toute son aire de répartition. Étant de petite taille, l’espèce se contente d’un tout petit territoire. Ceci représente un important risque, car une population locale qui habite un milieu naturel peut être entièrement décimée lorsque ce dernier est détruit. De plus, l’espèce est fréquemment victime de mortalité routière. 

Ces enjeux justifient bien nos actions de conservation, puisqu’elles visent à consolider des espaces pour la biodiversité, à restaurer la connectivité entre les habitats et limiter la fragmentation des habitats, assurant des lieux sécuritaires pour les petits et grands habitants des écosystèmes d’ici.

Que pouvez-vous faire pour la couleuvre à collier ?

  • Laissez des abris pour la petite faune (piles de pierres, bois mort, feuilles mortes) sur votre terrain;
  • Protégez et prenez soin des milieux naturels dont vous êtes propriétaire;
  • Contribuez à notre mission et nos projets en faisant un don à notre organisme;
  • Partagez cet article et contribuez à la sensibilisation des gens en leur faisant découvrir la biodiversité locale;
  • Partagez vos observations de couleuvres à collier sur les plateformes de science citoyenne.

Avertissement : certaines photos montrent des professionnels tenant des couleuvres à collier dans leurs mains. Des travaux d’inventaire et de recensement requièrent parfois que des individus soient mesurés, puis relâchés sans leur faire de mal. Il est fortement découragé au public de manipuler des animaux sauvages. Ils devraient être laissés à eux-mêmes, dans leurs habitats. Notez que plusieurs espèces de couleuvres peuvent mordre (sans infliger de blessures graves) ou sécréter un liquide puant, deux moyens de défense pour décourager les prédateurs et la manipulation.

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